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Le Top : pour ou contre l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne

Aujourd’hui, l’actualité nous mène à une relation entre la Turquie et l’Union Européenne de plus en plus étroite. Mais les deux partis entretiennent depuis longtemps une relation ambigüe. Aimé et mal-aimé, la Turquie est bel est bien la quadrature du cercle européen. Faisons le point en exposant les pistes positives ou négatives sur son éventuelle adhésion.

 

Contre l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne :

 

1. La Turquie n’est pas géographiquement en Europe : Dans la vision géographique classique, basée sur la forme des terres émergées, l’Europe est séparée de l’Asie à l’est par le massif de l’Oural et le fleuve Oural. Au sud-est, le détroit du Bosphore sépare l’Europe du Proche-Orient. Autrement dit, les limites géographiques de l’Europe n’incluent pas l’intégralité du territoire Turque, qu’on situe en Asie mineure.

 

2. Des difficultés entre la Turquie et Chypre : Chypre est divisé depuis l’occupation de sa partie nord par l’armée turque en 1974. La République de Chypre (dans l’UE) occupant la partie sud de l’ile, s’oppose à une adhésion Turque. Et pour cause, la Turquie ne veut pas la reconnaitre et refuse d’ouvrir ses portes pour tout échange commercial. De fait, en novembre 2009, le vice-Premier ministre turc a déclaré que la Turquie devrait choisir entre soutenir l’adhésion à l’UE ou les Chypriotes turcs, et qu’alors « le choix de la Turquie serait toujours de soutenir les Chypriotes turcs. Tout le monde devrait le comprendre ».

 

3. Si la Turquie entrait dans l’UE, son poids démographique impressionnerait : Plus de députés européens que la France, la Turquie serait le pays phare de l’Europe dans les années à venir. Cela ne convainc pas tout le monde.  Ajoutons aussi que des déséquilibres pourront se créer par la libre-circulation de plus de 100 millions de turcophones.

4. L’adhésion de la Turquie affecterait  les futures possibilités d’élargissement : Si la Turquie venait à entrer dans l’Union Européenne, pourquoi le Maroc ne pourrait-il pas espérer ? Et pourquoi la Turquie et pas l’Ukraine ? Et pourquoi la Turquie est pas la Serbie ?

 

 5. L’entrée de la Turquie conduira à des frontières communes avec des pays conflictuels : L’Irak, l’Iran, la Syrie aux portes de l’Europe avec des peuples Kurdes sur le territoire européen. Ca peut faire effrayer certains Etats. D’autant que le contrôle des frontières avec la Syrie et l’Irak ainsi que la lutte contre l’Etat Islamique serait de premier ordre.

 

6.- La Turquie n’est pas exemplaire sur la question des Droits de l’Homme, de la démocratie et de la religion : Le Parlement Européen a rendu un rapport condamnant les violences commises aux femmes, les mariages forcés et la polygamie. D’autre part, pays historiquement multiculturel, mais en réalité à 95% musulman, il constituerait un déséquilibre dans une Europe traditionnellement chrétienne (malgré l’affirmation de la laïcité dans le Traités). Même si la Turquie se considère comme un Etat séculier, le parti AKP fait douter des principes laïcs. Le premier ministre Erdogan évoque de l’UE un « club chrétien » dénué de fondement légitime. Belle ambiance !

7- La situation des minorités, notamment les kurdes et la non reconnaissance du génocide arménien : La Turquie a reconnu récemment la langue kurde. Effort pas suffisant, les violences entre l’Etat Turque et les kurdes par le PKK s’intensifient. Accouplé à cela, la non-reconnaissance du génocide arménien de 1915 à 1916, la Turquie a du mal avec la réalité de sa population.

Pour l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne : 

 

1. Les Etats européens se sont engagés depuis les années 60 que la Turquie rentrerait en Europe : En effet, en 1963, l’accord d’association entre la Turquie et la Communauté économique européenne (accord d’Ankara) est signé. L’article 28 précisait « lorsque le fonctionnement de l’accord aura permis d’envisager l’acceptation intégrale de la part de la Turquie des obligations découlant du traité instituant la Communauté, les parties contractantes examineront l’éventuelle possibilité d’une adhésion de la Turquie à la Communauté. »

 

2. L’entrée de la Turquie donnera une puissance supplémentaire à l’U.E : Par son économie, son appartenance à l’OTAN et sa position comme acteur géostratégique globe, la Turquie serait un élément de poids. Ainsi et par plusieurs fois, les États-Unis ont soutenu l’entrée de la Turquie comme un avantage pour le monde occidental. Barack Obama a déclaré que la Turquie liait le monde musulman à l’Occident. Toutefois, certains rejettent cette ingérence américaine.

 

3. Dire « non » à la Turquie, c’est favoriser son basculement vers l’extrémisme : Si la Turquie est à 95% musulman, les Turcs considèrent toutefois leur pays comme un État fortement séculier et laïc, tradition du kémalisme, de la même façon qu’une partie de l’UE se définit elle-même. Intégrer la Turquie, c’est consolider cet ancrage.

 

4. L’Europe a besoin du dynamisme démographique de la Turquie : Face à la vieille Allemagne, rien de tel qu’une Turquie de jeunesse. En effet, si les tendances démographiques actuelles se poursuivent, la Turquie pourrait dépasser la population de l’Allemagne en 2021 avec 84 millions d’habitants. Elle apporterait un souffle d’air, bien opportun.

 

5. Elle implique de nouvelles réserves en ressources naturelles : Face à l’embargo Russe et aux problématiques à l’est, la Turquie serait une terre idéale de transit pour s’approvisionner en énergie depuis l’Azerbaïdjan et l’Irak. Ce serait pour l’UE, un agrandissement positif des marchés européens.

 

 6.  Chaque fois qu’un pays pauvre et très agricole est entré en Europe, cela a eu des résultats positifs : Quoi qu’en en dise, la Roumanie, la Bulgarie et la Pologne profitent très bien de leur entrée dans l’Union européenne (même si cela a eu un effet négatif sur la France et d’autres..)

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