euro-crisis

Top 5 des arguments sur l’intérêt d’avoir l’euro comme monnaie unique

 

  Top 5 des arguments sur l’intérêt d’avoir l’euro comme monnaie unique

L’euro, notre monnaie unique a déjà 15 ans. Avancée fédérale établissant une souveraineté monétaire, elle est maintenant soumise à de vivres critiques. Si les contestations se sont intensifiées depuis la crise économique et financière, l’euro reste le moteur de nos sociétés.

Aujourd’hui, de nombreuses voix s’élèvent contre le retrait de l’euro en France. Nous proposons cet article afin de démontrer que l’euro est une chance. Le problème n’étant pas la monnaie en tant que telle, mais plutôt sa gestion. Non seulement nous devons la protéger, mais surtout nous devons la renforcer par une gouvernance plus démocratique.

1. L’euro est une monnaie stable avec un bilan exceptionnel

En 15 ans de zone euro, les résultats sont assez exceptionnels. Elle est la seconde monnaie du monde derrière le dollar avec 27% des réserves mondiales de change. De nombreux pays émergeant achètent de l’euro pour leur réserve, souhaitant s’affranchir du dollar. C’est une monnaie reconnue et appréciée.

Avoir une devise forte permet également de baisser les coûts d’importations des matières premières comme le gaz ou le pétrole. Et l’euro ne pouvant pas se dévaluer, c’est une sécurité pour les entreprises, les échanges commerciaux et permet de donner confiance aux prêteurs du monde entier.

Enfin, durant la crise économique et financière et malgré les carences de la construction monétaire, il est nécessaire de rappeler l’action non conventionnelle de la BCE. En garantissant des prêts aux pays du Sud pour faire baisser les taux d’intérêts et en injectant des liquidités dans les systèmes bancaires à des taux nuls ou très bas, l’euro a été défendue.

2. Sortir de l’euro par la dévaluation : la fausse recette miracle

Avant de réfléchir sur la dévaluation, il faut savoir que la valeur relative d’une monnaie reflète la solidité de son économie comparée à celle des autres pays, son pouvoir d’achat relatif comparé à celui d’une autre monnaie.

Si un pays est endetté, sa dette publique augmentera, le taux d’intérêt exigé sera élevé (d’autant plus si les investisseurs anticipent une dévaluation de la monnaie) et le remboursement sera davantage délicat.

Par conséquent, la création monétaire augmentera l’inflation et la valeur de la monnaie baissera. Cette inflation entraînant la hausse générale des prix baissera le pouvoir d’achat des consommateurs car les salaires ne suivront pas en raison d’une période de récession.

En cas de crise et étant autonome, c’est-à-dire sans posséder l’euro, la dévaluation est possible en dépréciant la monnaie. En baissant la valeur de sa monnaie, on permet de relancer les exportations comme l’exemple du Yuan en Chine. Mais cette politique a de nombreux dangers car les marchés vont anticiper cette baisse de la monnaie par rapport à d’autres et à l’inverse, les importations deviendront très coûteuses comme le pétrole et les matières premières…

D’autre part, l’aboutissement dépendra globalement du niveau de la dette publique, des taux d’intérêts, du niveau des exportations, des importations, de l’inflation et bien d’autres. En somme, jouer avec la dévaluation est très dangereux.

3. La sortie de l’euro prônée par le Front National : un scénario amateur et catastrophique

Clé de voûte du programme économique du Front national, le retour au franc est prôné sur la base d’un euro égale un franc. Une mesure qui semblait encore totalement exotique il y a trois ans, mais que la crise de l’euro, depuis mai 2010, a rendue un davantage crédible.

Mais compte tenu de la situation dégradée de nos finances publiques et de notre balance commerciale (les importations dépassant les exportations), la sortie de l’euro entraînerait automatiquement une intense dévaluation de notre nouvelle monnaie.

Mark Cliffe, responsable de la recherche d’ING Bank a chiffre les conséquences d’un retour général aux monnaies nationales. Pour la France, ce serait une récession avec une baisse de 10% du PIB sur trois ans, une hausse du chômage à 13,8% et un prix de l’essence qui s’envolerait à 1,75 euro le litre (à traduire en monnaie nationale). Rappelons que les barils de pétrole sont libellés en dollar.

D’autre part, il est opportun de rappeler que sur les 1600 milliards de dette publique française, 2/3 sont détenus par des investisseurs étrangers. Le fardeau de la dette étant détenu en euro, il faudrait continuer à emprunter à l’étranger, avec des taux d’intérêts bien plus élevé. Racheter les créances publiques par la Banque Centrale synonyme de création monétaire se traduira en taux d’inflation, intégré dans les taux d’intérêts et se répercutant dans toute l’économie. Par exemple, l’impôt annuel sur le revenu des français devra quasiment doubler afin de pouvoir rembourser la charge de la dette.

Enfin, la sortie de l’euro constitue un défi technique pour ne pas dire un saut dans un vaste inconnu. Un tel scénario est amateur. Si une idée pour Marine Le Pen est de sortir de l’euro conjointement avec plusieurs Etats, à commencer par l’Allemagne (plus pertinent sur le fond, mais peu probable dans les faits), rien n’est prévu pour éviter le retour à la spéculation sur les changes qui existait en Europe avant l’euro, et qui pourrait dès lors resurgir.

4. L’euro, une sortie aux coûts économiques et politiques dans l’Union européenne

Si la France, deuxième économie de la zone euro décide de sortir de l’union monétaire, c’est l’avenir même de la zone euro qui sera hypothéqué. court terme, les marchés s’affoleront.

Par exemple, dans des pays comme en Allemagne, une telle sortie entraînerait des coûts insoutenables. Un retour au Mark pénaliserait lourdement ses exportations, excédentaires depuis 8 ans. Si la valeur de l’euro est satisfaisante, celle du Mark s’envolerait. Et tous les autres pays souffriront de cette comparaison avec le Mark.

Naturellement les conséquences ne seraient pas qu’économiques et monétaires, mais politiques. La zone euro serait fragilisée si 2 ou 3 pays importants en sortait. Il y aurait alors une perte de confiance de tous nos prêteurs du monde entier. L’UE tout entière en serait affectée.

Chaque État fragile, hors euro, perdrait l’assistance et la solidarité des autres pays telle que le Mécanisme Européen de Stabilité et ne serait plus tributaire pour ses prêts, que des procédures du FMI, encore plus drastiques. Même les Grecs, avant la difficulté actuelle, ne voulaient pas quitter l’euro.

5. L’Euro est un symbole d’union et de solidarité entre les citoyens

Perdre l’euro, c’est perdre l’élément fédéral qui nous uni. Dans une Union européenne frappée par de fortes vagues eurosceptiques et par une crise économique et financière, la monnaie commune reste un lien qui nous fait sentir européen. Pouvoir être en Espagne, en Italie, en Slovénie ou en Finlande et pouvoir échanger avec la même monnaie est un signe fort de solidarité et de cohésion entre les pays.

La crise économique nous a enseigné qu’une construction monétaire sans construction budgétaire était vouée à l’échec. Par conséquent, plutôt que de réfléchir sur un éventuel retrait, réfléchissons plutôt sur les moyens et les méthodes qui nous permettraient d’aller plus loin. De former un véritable fédéralisme budgétaire, de pouvoir protéger l’euro.

Instaurer une monnaie commune sans réels instruments politiques pour la guider fut un échec des rédacteurs du Traité de Maastricht et non de la monnaie commune elle-même. Nous devons de rectifier le tir. Mais pour cela, il faut être solidaire, se sentir uni par un projet commun : celui de l’Europe et de ses citoyens.

Share Button