Bilan de mon année Erasmus en Espagne !

Je vais présenter dans ces quelques lignes, le compte-rendu de mon expérience en tant qu’étudiant Erasmus (European Action Scheme for the Mobility of University Students). Ce fut un moment inoubliable que je recommande à toute personne qui aurait l’opportunité de partir ou d’effectuer un voyage à l’étranger.

1.Erasmus, un programme d’échange

Avant tout, Erasmus est un programme d’échange pour étudiants ou enseignants entre universités depuis 1987 avec un budget de 415 millions d’euros. Le nom provenant du moins humaniste et théologien néerlandais Erasmus (1469-1536). Depuis 1987, 3 millions d’étudiants ont pu découvrir les joies de l’Europe à travers de 33 pays à travers l’Union Européenne mais aussi la Norvège ou encore la Turquie.

Malgré toute la paperasse administrative, nous oublions bien souvent que le programme Erasmus permet l’exonération des coûts de l’université d’accueil ainsi que la reconnaissance formelle des études fournies à l’étranger.

De plus, l’étudiant reçoit une généralement une bourse étudiante d’une valeur plutôt importante et bénéficie d’une couverture sociale dans le pays accueillant.

Depuis 2008, l’Espagne, pays où j’ai effectué mon séjour est le lieu privilégié parmi les étudiants partants.

2. Une année de découverte

Il est certes évident que le pays espagnol connaît une crise économique majeure, mais il reste un lieu important d’échanges entre étudiants. En effet, pour de jeunes étudiants, l’ambiance est idéale notamment parmi la chaleur, la culture, le paysage, la nourriture ou encore la plage.

La culture espagnole est marquée par de sublimes monuments tels que l’Alhambra de Granada ou la cathédrale de Santiago de Compostela. Mais l’Espagne, c’est également l’Aqueduc de Segovia, les murailles d’Avila, la cathédrale de Sévilla, la mosquée de Cordoba, les quartiers de Barcelona, la cathédrale de Burgos, le centre historique de Tolède et bien plus encore..

Concernant la nourriture, l’Espagne est le pays maître des tapas ou « pinchos » que sont des rations de petites nourriture servies avec une bière ou autre boisson. On y retrouve également la fameuse tortilla espagnole, des petits sandwichs ou des croquettes de viande. Nous pouvons compter 1 euro 50 pour une tapa et une boisson, un moment idéal pour se retrouver entre amis le soir sur une terrasse.

Pour le climat, il fait extrêmement chaud durant l’été ce qui est très gênant pour passer les examens et plutôt froid durant l’hiver. Généralement, les meilleurs mois sont ceux d’avril ou d’octobre, moments à privilégier pour toute sortie.

3. Une année de sortie

L’année Erasmus est une année d’échanges, de sorties, de convivialités pour toutes personnes jouant le jeu. C’est le moment idéal pour se faire plaisir, se divertir et rencontrer de nouvelles personnes. On est loin de son lieu natal et on se sent pris d’une autre émotion, d’une envie de bouger, de découverte.

Ainsi, on pratique nos langues étrangères, l’espagnol comme l’anglais, le portugais ou l’italien. Les boissons sont à bas coût, notamment la bière à 50 centimes telle que dans la ville de Salamanca en Castilla y Léon, où j’ai effectué mon Erasmus.

De nombreuses associations Erasmus, ou de nombreux groupes Facebook proposent des soirées chaque semaine. Il n’ y a plus qu’à choisir votre jour, généralement le jeudi ou le lundi et sortir. J’ajouterai aussi qu’un bon moyen d’allier l’utile à l’agréable est de participer à des soirées quizz, à des échanges linguistiques ou encore à des soirées autour d’une table et d’un verre.

4. Une année de rencontre

L’année Erasmus est un moment propice aux rencontres de toutes les nationalités. Quel dommage de s’aventurer dans une telle histoire sans chercher à connaître d’autres étudiants et s’ouvrir au monde.Je me rappelle d’une soirée où je fus dans un «boteillon» qui est le synonyme de soirée avec une trentaine de mexicains dans une très petite pièce. Quel bonheur de partager une boisson, des rires, des bavardages avec des personnes d’une autre culture. Cela permet de s’ouvrir, de faire tomber tous les clichés que l’on puisse avoir sur certaines nationalités et c’est surtout le moyen de se faire des amis dans le monde entier.

L’avantage d’une année Erasmus est de pouvoir créer des liens avec des personnes du monde entier. A Salamanca, par exemple, ville étudiante d’Espagne par excellence, les soirées regorgent d’étudiants en tout genre qui ne cherche qu’à rencontrer, parler et s’ouvrir aux autres.

Quelle situation étrange de commencer une journée en allant en cours avec une amie Colombienne puis déjeuner avec une amie Serbe, passer la soirée avec des amis espagnols et portugais avant de terminer en boite de nuit dansant avec un anglais, un italien, un allemand et un argentin. Et pourtant, c’était mon quotidien, il y a encore très peu de temps.

Toutes ces rencontres entrainent de très fortes amitiés. Quelle peine de voir toutes ces personnes partirent mais que de beaux souvenirs une fois dans son lit se remémorant tous ces moments. Il faut alors savoir faire le partage et continuer à avancer dans la vie.

5. Une année de voyage

Durant mon année Erasmus, j’ai voyagé à Lisbonne, à Santiago de Compostela, à la Coruña, à Sevilla, à Segovia à Madrid. Que de voyages et que de découvertes et je conseille vivement à tous étudiants Erasmus de se lier d’amitié avec les associations étudiantes qui sont là uniquement pour vous aider dans toutes vos démarches et vous offrir tout ce que vous avez besoin et notamment de magnifiques voyages en compagnie de divers autres étudiants.

Je me rappelle d’un repas dans un restaurant à la campagne à quelques kilomètres de Saint-Jacques de Compostelle avec 50 étudiants étrangers de Salamanca, c’était tellement «banale» sur le moment avec aujourd’hui, je me rends compte que ce fut un moment incroyable et inoubliable.

6. Une année de travail

L’Erasmus, c’est aussi une année de travail. J’entends déjà les critiques de nombreuses personnes argumentant que cette année fait sauter une année en France dans un moment où nous avons besoin de jeunes diplômés pour résoudre les problèmes de l’emploi.

Mais je garantis d’après mon vécu qu’il faut être assidu au cours. D’une part, cela paraît tout bête, mais l’enseignement est intégralement en espagnol ce qui requiert une capacité d’écoute, de rédaction différente que celle du français et donc un travail plus appuyé.

Au départ, nous avions eu une feuille de route dans le choix de nos matières qu’on devait rédiger avant de partir, mais une fois sur place, il est tout à fait possible de modifier l’ensemble de ses choix après avoir assisté à quelques cours. C’est pour cela qu’il faut aller voir un peu partout ce qui nous semble intéressant et ce qui nous le semble pas. Je conseillerai à ce propos de choisir des cours avec d’autres Erasmus.

En tant qu’étudiant à l’université de Salamanca, les classes sont plus petites qu’en France, le nombre d’étudiants est moindre et donc le contact avec le professeur est plus important. Chaque matière possédait sa propre classe pratique et donc le mélange entre la théorie et la pratique est plus abouti. De plus, en Espagne, le rythme de vie est un peu décalé et donc ne vous inquiétez pas si vous commencer les cours du matin à 11 heures et terminez les cours du soir à 21 heures ou parfois même 22 heures.

Ensuite, si j’ai pu valider mon année avec mention, c’est par ma présence en cours chaque jour et par le travail quotidien. Dans tous les cas, la régularité paye toujours et il faut savoir que si un étudiant sort chaque soir, il aura bien du mal à valider ses examens..

Je mettrai cependant deux petits bémols sur le fait que des professeurs peuvent te donner un travail terriblement difficile pour l’obtention de 3 crédits ECTS alors qu’un professeur peut presque te donner une matière comptant pour 9 crédits ECTS. Un peu d’injustice que je tenais à souligner et dont les responsables de la faculté ne semblaient pas avoir de réponses appropriées.

Le second petit bémol serait les retards dans les cours, autant des étudiants que des professeurs.

7. Une année d’activité

L’année Erasmus, c’est également moment de partager sa passion avec d’autres étudiants. Je me rappelle de nombreuses parties de football le samedi après-midi avec des Italiens, des Colombiens, des Espagnols.. Nous sommes tous pareils quand nos émotions rentrent en jeu et je trouve ça épatant de pouvoir partager un loisir, une activité et s’ouvrir l’esprit en croisant d’autres cultures tout en conservant les mêmes émotions que peuvent être la joie, la tristesse, la colère.

Egalement passionné de musique, j’ai eu la chance de jouer chaque vendredi avec un ami allemand et irlandais à la guitare et de pouvoir regarder des concerts de nombreuses personnes.

Bref, tout un climat propice aux mélanges culturels.

Quels conseils, avis après cette année ?

Si vous êtes un futur ou ancien étudiant Erasmus ou tout simplement une personne curieuse, je pense que cette année apporte considérablement à la personne en tant qu’être et permet de se construire dans les années futures.

On se sent responsable au quotidien tant pour des tâches annexes telles que l’alimentation, laver ses habits, organiser son emploi du temps que des tâches essentielles telles que s’enregistrer à la faculté, trouver un appartement, nouer de nouvelles relations.

De nos jours, on nous dit de trouver un emploi, on nous dit d’étudier dur à l’école pour réussir, on nous dit que la situation va mal, on nous dit que Erasmus, c’est faire la fête et se moquer de tout, on nous dit ceci, on nous dit cela..

Honnêtement, ceux qui pensent cela n’ont pas dû partir souvent de chez eux ou du moins n’ont pas eu l’état d’esprit de le faire. Il est évident que si j’avais pu réaliser ma troisième année de droit à Bordeaux, j’aurai continué mon parcours juridique en apprenant de nouvelles matières mais cette année à l’étranger m’a permis de savoir ce que je voulais vraiment dans la vie.

Toutes les rencontres, toutes les amitiés, tous les sourires ou les peines échanger valent beaucoup plus que la simple préoccupation de son sort personnel.

Il est certes évident de trouver un emploi pour obtenir une rémunération, mais la vie ne se résume pas en cela, vivre sa vie est se sentir vivant et pour cela tout un ensemble de facteurs interviennent parmi lesquelles, l’échange, la convivialité et l’ouverture d’esprit en toute occasion.

A l’heure de l’Europe, de l’ouverture des frontières et de la construction identitaire d’un étudiant, je n’ai que deux mots à vous conseiller :

Osez partir !

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