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Comment la Russie influence t-elle l’Europe ?

Comment la Russie influence t-elle l’Europe ?

Dans ces journées d’affrontements en Ukraine, un enjeu majeur concerne le positionnement de la Russie et de l’Union Européenne. De leur volonté, dépendra vraisemblablement l’issue du conflit. Cette opposition sous-jacente entre l’Union Européenne et la Russie est réellement mise en avant comme le dénouement ou le précipice conflit. 

Mardi 28 janvier, un sommet tendu fut tenu à Bruxelles entre les Russes et les dirigeants européens reflétant les tensions actuelles.

Une histoire de la Russie vers l’ Europe :

Rappelons d’abord que dans une perspective historique et depuis le XVIIIè siècle, le mont et le fleuve Oural ont servi comme point de délimitation du continent Européen. Ceci résultait d’une volonté politique de Vassili Tatichtchev de valoriser Moscou comme ville européenne, et non comme une ville asiatique. Ainsi, la Russie appartenait à l’Europe et tournait son regard sur l’occident.

Depuis la fin de la 2GM, le mot “Europe” a conquis des mots qui ne sont pas seulement géographiques, mais politiques ou encore impliquant des notions de valeurs ou de solidarités. Dépassant ce caractère géographique, on peut alors se poser la question d’un développement de l’Union Européenne embrassant la frontière de l’Oural.

Mais la question ne se posait pas réellement jusqu’à la fin du communisme étant donné que l’Union Soviétique appuyait sa domination en Europe de l’Est. Mais depuis la chute du communiste et l’expansion de l’Union, il s’est de nouveau posé cette interrogation quant à la délimitation de notre contiennent européen. Dès lors, cette séparation est/ouest a permis à de nombreux pays ont d’entrer dans le moule de l’Europe occidentale. Tel est le cas de la Roumanie, la Bulgarie, la Croatie ou encore des pays Baltes.

Si de tels pays ont pu rentrer dans l’Union, pourquoi le critère géographique ne s’appliquerait pas à la Russie ? Si le caractère européen d’un pays ne fait pas un candidat automatique à l’adhésion à l’Union Européenne, il ne faut pas oublier que les Traités traitent du mot “Europe” sans en donner une définition claire.

Une opinion Russe fondée sur des craintes de marginalisation :

Toutefois, concernant le cas Russe, le Kremlin fonde ses craintes dans sa situation périphérique par rapport au reste des pays de l’Union. Par conséquent, l’idée d’un mur, d’une séparation revient dans les esprits des élites Russes souhaitant ne pas être exclus et marginalisés dans un processus d’unification de l’Europe.

Il est comme toujours tentant de convoquer les souvenirs de la Guerre froide pour qualifier ce qui se passe aujourd’hui entre ces deux grands blocs. Le premier, l’Europe, a déployé dans les années 90, une « politique de voisinage », qui vise à sécuriser sa périphérie en participant au développement de ses voisins. Le deuxième, la Russie, a développé la doctrine de « l’étranger proche », selon laquelle tous les Etats partageant des frontières avec elle, font partie de sa sphère d’intérêt. Ces deux approches sont-elles incompatibles, donc irréconciliables ?

De même parlant des relations entre la Russie et l’UE, nous devrions parler de relations intra-européennes : occidentale et orientale.  Mais il faut également souligner que la relation entre la Russie et l’UE se complique par le fait que nous habitons actuellement dans des « époques » différentes. Les pays d’Europe occidentale s’imaginent dans un stade post-national de développement, où les nations jouent un rôle moins important.

En effet, d’autres principes unissent les peuples de l’UE basés sur des valeurs, mais aussi basés sur une construction communautaire axée sur l’économie en développant un libre échange et une citoyenneté européenne. Ainsi, dans l’Union Européenne, nous pouvons nous déplacer et nous installer à notre guise. Mais certains pays d’Europe orientale vivent dans une époque qui est toujours marquée par la forte présence du national.

L’Union Européenne doit agir :

Aujourd’hui l’Union européenne tient une grande place dans le monde et Mikhail Gorbachev a imaginé les relations entre la Russie et l’UE comme “une maison européenne commune”. Par conséquent, la situation en Russie aujourd’hui est liée à la progression des droits de l’homme et une forme d’européanisation en accord avec les valeurs de l’Union. Mais, il ne faut pas obliger qu’on ne peut pas créer un système démocratique en une nuit. La France a eu besoin de plusieurs siècles. Le principe majeur de la démocratie est la possibilité pour la société de critiquer son système politique.

Mais Vladimir Poutine qui a vite compris ces enjeux, a préféré durcir le pays. Il ne veut pas voir son pays être exclu, à la périphérie de l’Europe, mais veut reprendre la main dans une importante sphère d’influence notamment par le biais des énergies comme le gaz ou encore les partenariats douaniers.

L’Union européenne l’aura compris, mais un peu tard, en voyant voler en éclat son projet de partenariat oriental. A Vilnius, l’année dernière, six anciennes républiques soviétiques auraient dû signer un accord d’association et de libre-échange avec Bruxelles. Six au départ, deux seulement à l’arrivée : la Moldavie et la Géorgie. Pour la Biélorussie et l’Azerbaïdjan, il faudra repasser. L’Arménie, elle, avait fait savoir dès le mois de septembre qu’elle préférait privilégier sa relation avec Moscou. Quant à l’Ukraine, la voici de nouveau au cœur d’une séquence insurrectionnelle, une fois de plus tiraillée entre son ‘’attachement’’ à la Russie et son ‘’attirance’’ pour l’Occident.

Ajoutons à cela le cas Turque. En démarrant des négociations d’adhésion avec le pays, le critère d’adhésion s’étend alors plutôt à un concept idéal de l’Europe qu’a la géographie. Dès lors, la question d’une adhésion de la Russie à l’Union Européenne peut prendre tout son sens.

Cette vocation d’adhésion ne pourra se faire qu’en tenant compte des valeurs européennes instaurées par Bruxelles, valeurs qui bloquent déjà l’entrée de la Turquie. Bruxelles impose sa loi, loi que la Russie ne souhaite pas écouter.

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