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Etats membres de l’UE, stopper vos égos et vos intérêts nationaux !

Nous savons tous que l’Europe a été construite après le choc de la 2nd guerre mondiale afin de restaurer la paix. Les personnes souhaitant une coopération européenne se sont dirigées vers la création du Conseil de l’Europe alors que les partisans d’une intégration se sont dirigés vers l’intégration européenne. De là, la déclaration Schumann du 9 mai 1951 et la création de la Communauté Economique du Charbon et de l’Acier.

L’intégration européenne mêlée au rôle de la Commission Européenne 

Le Traité de Rome de 1957 a apporté une dimension économique très importante à l’intégration européenne et toute la méthode communautaire est dans la recherche entre un équilibre parmi les Etats-membres et les Institutions. C’est-à-dire, accepter de céder de sa souveraineté sans trop exagérer dans le processus.

Mais, comment pouvons-nous accepter une Europe intégrée si l’organe essentiel de l’Union, soit la Commission européenne n’est pas élue démocratiquement ? De ce fait, pourquoi est-ce que les Etats ont voulu de cette Commission ?

Un premier point à souligner est l’impact de la Commission Européenne.

Elle est la reine de l’initiative législative, se comportant telle un troisième législateur. On peut observer que dans les Etats nationaux, un Parlement a toujours le choix d’émettre une proposition législative. Dans le cadre de l’Union Européenne, ce n’est pas le cas puisque le Parlement ou le Conseil de l’Union ne peuvent débattre qu’à partir d’une proposition venant de la Commission Européenne.

De même, si la Commission n’est pas élue, c’est en partie pour rester neutre et annihiler les intérêts nationaux et les rapports de force entre Etats. On a préféré donner de la crédibilité à l’institution l’accompagnant d’experts dans sa construction afin qu’elle se présente comme une institution neutre.

De plus, la Commission ne se comporte pas comme un gouvernement puisqu’elle ne peut utiliser le monopole de la violence légitime comme le prédisait Max Weber comme caractéristique essentiel d’un Etat.

De là, on observe que les Etats se craignent et préfèrent laisser une structure neutre. Ils tentent d’assouvir leur propre intérêt et ainsi, on verrait mal comment la formation d’un fédéralisme pourrait s’établir dans un tel contexte.

D’une idée d’intégration à de nouveaux modes de gouvernance

Dans ce cadre d’absence de fort pouvoir et depuis quelques années, on examine l’apparition des lobbys, des experts, des ONG dans le paysage européen.

C’est sur cette base qu’en 2001, la Commission Européenne a rédigé un « Livret Blanc » proposant des pistes pour rétablir une certaine cohérence au niveau institutionnel. Ces idées conduisent vers de nouveaux modes de gouvernance, c’est-à-dire une perte de l’idée forte d’intégration au profit d’idées de transparences, d’apprentissages, d’échanges, de pluralisme.

C’est à dire, l’accroissement d’acteurs tels que la société civile, les collectivités locales, les ONG et les citoyens. En effet, on s’aperçoit que les débats entre citoyens de l’Union et les institutions elles-mêmes augmentent considérablement.

Une autre idée, est la complexité géographique et institutionnelle, c’est-à-dire au niveau des postes attribués. Le cafouillage est important et on n’arrive pas à se décider concrètement sur les pouvoirs de chacun ni sur les lieux officieux de chaque structure dont l’exemple typique est le Parlement Européen fortement convoité par Bruxelles.

Une  méfiance accrue du citoyen et du gouvernement national 

Autre point intéressant à souligner dans cette réflexion sur l’intégration européenne, est la défiance qu’ont le citoyen et le gouvernement national envers l’Union Européenne. Après le Traité de Maastricht de 1992 et au vu de l’accroissement de l’Union Européenne, le citoyen a commencé à douter de la politique économique d’une telle cohésion.

On peut s’apercevoir qu’à cette période, les politiques européennes vont réellement influencer le quotidien du citoyen dans une période délicate économiquement. Ainsi, on entrevoit un succès dans l’impact de l’Union Européenne, mais en même temps, un échec dans le sens où l’augmentation du chômage entraîne le scepticisme du citoyen rejetant une partie de la faute sur l’Europe.

Concernant les gouvernements, ils n’ont réellement d’impact que par le biais du Conseil Européen sinon ils refusent concrètement d’apporter une aide trop prononcée. En d’autres termes, ils sont en accord pour les idées mais, dans les faits ils n’apportent pas l’effort souhaité par l’Union Européenne.

De ce fait, nous pouvons estimer que les intérêts nationaux de la part des Etats membres empêche une intégration plus prononcée menant idéalement à un fédéralisme européen. De plus, la défiance accrue du citoyen européen et les nouveaux modes de gouvernance ne coïncident pas avec un renouveau de l’intégration européenne.

Ce n’est une surprise pour personne, l’Europe s’essouffle et c’est par le biais de l’écriture ou de la parole afin que la situation change petit à petit.

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