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Fiche thématique : 5 points pour présenter le paquet énergie climat

1) Pourquoi une politique d’énergie et de climat ?

Depuis longtemps, l’Union Européenne prône la nécessité de limiter le réchauffement mondial à 2°C degrés maximum, impératif reconnu par la communauté internationale.

Pour cela, elle fixe des objectifs contraignant pour les Etats-membres par des initiatives telles que le système d’échange de quotas d’émissions ou bien des politiques telles que le paquet énergie climat. En fait, l’Europe estime qu’elle peut et qu’elle doit montrer l’exemple.

Il faut savoir que l’UE est parvenue à réduire ses émissions de gas à effet de serre de plus de 18% depuis 1990.

Le citoyen attend pour sa part des actions concrètes. Un sondage réalisé pour la Commission Européenne montre qu’en 2011, 9/10 des européens pensent que le changement climatique est l’un des problèmes les plus graves auquel le monde est confronté. 

2) Quel plan d’action pour une politique d’énergie et de climat ?

A cette fin, le paquet climat-énergie fut adopté dans un premier temps en 2008 par la Commission Européenne avec deux priorités : une politique européenne commune de l’énergie plus soutenable et durable et une politique de lutte contre le changement climatique. En fait, il faut retenir l’objectif 20/20/20. 

Info inutile : C’est comme l’école, il faut avoir la meilleure note !

En fait, on s’intéresse à trois facteurs : les énergies renouvelables, la réduction des émissions de Co2 et l’efficacité énergétique. De fait, le plan prévoit :

  1. Faire passer la part des énergies renouvelables européen à 20%.
  2. Réduire les émissions de CO2 de 20%.
  3. Accroître l’efficacité énergétique de 20%

La deadline est de 2020. Mais quelques années plus tard, l’Union Européenne se veut encore plus ambitieuse. Les prix de l’énergie ont augmenté dans presque tous les Etats-membres depuis 2008 et il semble opportun de lancer de nouvelles mesures.

La Commission a lancé un livre vert en 2013 : une consultation publique pour déterminer l’objectif en matière d’énergie et de climat en 2013. Elle a présenté son projet début 2014 avant que fin octobre, les 28 Etats-membres de l’UE adoptent le plan Paquet énergie-climat 2030, remplaçant nos bonnes notes de 20/20 par trois piliers : 

  1. La réduction des émissions de gas à effet de serre de 40% d’ici 2030 par rapport à 1990 (seul objectif contraignant au niveau de l’Union)
  2. Faire passer la part des énergies renouvelables à 27% contre 14% aujourd’hui avec une flexibilité accordée aux Etats-membres.
  3. Réaliser des économies d’énergie de l’ordre de 27%

Et comme le dirait notre président de la République François Hollande “Comme tout bon accord, c’est un compromis”.

La commissaire européenne au climat Connie Hedegaard est pour sa part plus enjouée  “nous avons fait nos devoirs, nous vous exhortons à suivre l’exemple de l’Europe.. Si toutes les autres régions du monde étaient tout aussi ambitieuses en matière de lutte contre le changement climatique, la planète se porterait beaucoup mieux.»

3) Une politique d’énergie et de climat controversée

En effet, selon Oxfam ou Friends of the Earth Europe, les objectifs fixés sont insuffisants si on espère lutter contre le changement climatique.

Brook Riley, un dirigeant évoque “Cet accord ne fait rien pour réduire la dépendance qu’à l’Europe des combustibles fossiles, ni pour accélérer la période de transition vers des énergies propres”

Ils critiquent également que ces mesures se concentrent uniquement au niveau européen.

Natalia Alonso, membre d’Oxfam évoque que “l’objectif accordé de réduire les émissions de gas est uniquement une première étape qui est encore très loin de ce que l’UE peut faire dans la lutte contre le changement climatique. »

Du point de vue de la science, Kevin Anderson vice directeur de centre pour la recherche sur le changement climatique Tydnall évoque « L’objectif de 40% à l’horizon 2030 ne sera pas suffisant pour éviter un réchauffement de la planète de 2 degrés ». 

Cécile Gautier, du Réseau Action Climat, critique quant à elle le rôle joué par l’État français dans les discussions : « Il est scandaleux de voir que la France a œuvré en coulisse contre des objectifs nationaux contraignants de développement des énergies renouvelables, tandis que l’Allemagne a été plus positive. »

« Si François Hollande souhaite vraiment engager la France dans la transition énergétique, il doit soutenir dès aujourd’hui un objectif contraignant de 45% d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie en Europe d’ici à 2030, décliné en obligations nationales »

Mais nous reprendrons ici la même phrase de notre président de la République  “Comme tout bon accord, c’est un compromis”.

En résumé, pour les organisations pro environnementales, si l’Union Européenne veut être un exemple sur l’échelle mondiale, il faut en faire plus ! 

4)  Une politique d’énergie et de climat réfutée par certains Etats-membres

Certains Etats ont poussé la négociation jusqu’au bout, il s’agit du : Royaume-Uni, de la Pologne, de l’Espagne et du Portugal. 

En effet, notre cher pro-européen David Cameron ne veut pas laisser trop de souveraineté, sinon il serait confronté aux attaques venant de son parti conservateur et du Ukip. Il a en parti obtenu gain de cause car par exemple l’objectif d’efficacité énergétique a été ramené de 30% à 27%. 

De là, l’eurodéputé Vert luxembourgeois Claude Turmes a qualifié cette ­décision de « gigantesque irresponsabilité ».

David Cameron n’est pas le seul, la Pologne s’est aussi mise en avant avec une réduction hors du marché du carbone en fonction du PIB/habitant, un fond de solidarité prolongé, et des quotas gratuit pour le secteur électrique.Il faut savoir que la Pologne est dépendante du charbon pour 92% de son électricité et 55% de son énergie totale.

Bref, retenons que les Polonais et les autres pays moins riches d’Europe orientale ont obtenu l’assurance de recevoir d’importantes compensations financières. Un soutien de poids qui représentera environ 1,8 milliard d’euros d’ici à 2030 pour la seule Pologne. Ewa Kopacz, nouvellement élue Premier ministre, s’est ainsi estimée « victorieuse » à l’issue du Conseil.

En outre, l’Espagne et le Portugal devraient aussi bénéficier d’une aide française et européenne pour réduire leur isolement énergétique dû à leur situation péninsulaire. Ce qu’on nomme les interconnexions ont plombé les discussions et la France a du céder sur objectif de 15%.

5) Une politique d’énergie et de climat présentant un ensemble encourageant 

Dans un premier temps, il faut savoir que le Conseil Européen reviendra sur ce dossier après la conférence de Paris. Monsieur Herman Van Rompuy l’a même annoncé “revoir les objectifs à la hausse.. L’UE reviendra après 2020 sur l’objectif de l’efficacité énergétique dans la perspective de le faire éventuellement passer à 30% »

D’autre part, il faut signaler qu’actuellement l’Union Européenne est la première puissance à avoir pris des engagements chiffrés en vue de la conférence Paris climat de décembre 2015.

Enfin, les sommes générées par ce dispositif devraient avoisiner une trentaine de milliards d’euros par an entre 2013 et 2020, au lieu des 50 milliards espérés initialement. Or, le coût estimé du paquet énergie-climat a été estimé à 1% de la richesse européenne, soit entre 100 et 120 milliards d’euros.

Alors nos voyons pas tout noir, une négociation à 28 est toujours difficile, mais au moins on progresse et on met en place des actions au niveau du climat et de l’énergie. Merci l’Europe, mais restons vigilant.

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