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Le déclin de la culture européenne, analyse et perspective !

 

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Jean Monnet « Si c’était à refaire, je commencerais par la culture »

En Europe, le sujet de la culture à plutôt tendance à être oublié, négligé voir inexistant. Parler d’une Europe de la culture est un sujet délicat car de nombreuses cultures se sont succédées au cours de l’histoire et il est difficile d’avoir une définition claire de cette notion. 

En effet, de la Grèce jusqu’à Rome, nous avons eu les idées de démocratie, de procédé de codification du droit. Et au fil des années, la pensée politique s’est développée par Rousseau, Locke, Montesquieu ou encore Machiavel.

Ainsi, de nos jours, l’héritage de ces idées à permis la création du Conseil de l’Europe, de la Convention Européenne des Droits de l’Homme ou encore de l’Union Européenne. Toutefois, on conserve des différences telles que dans le droit coutumier et une administration peu centralisée à l’image de l’Angleterre.

Mais surtout aujourd’hui, on perçoit un problème beaucoup plus profond autour de l’héritage culturel européen.

Un déclin observé dès le début du siècle

Dans son livre « Le déclin de l’Occident » de 1922,  Oscar Spengler décrit  une vision formaliste du monde en tant qu’histoire. Il décrit une stérilisation de la culture occidentale du XXème siècle et la nécessité de s’accrocher à la culture passée pour continuer à s’inscrire dans l’histoire.

De là, la Seconde Guerre mondiale a tissé le portrait du nazisme, de la solution final, d’une atroce barbarie humaine et le regard sur l’Europe en est devenu effrayant.(1)

Ensuite sont venues les idées d‘Albert Camus, d’Hannah Arent ou encore de George Steiner.

Mais c’est surtout en 2007, que Jean-François Matteï  dans son livre « Essai sur l’épuisement de la culture européenne Flammarion, 2007″ s’inquiète de l’Europe en expliquant que

« Obnubilée par l’organisation rationnelle et le développement économique, incapable d’assumer ses racines grecque et chrétienne, poussée vers une mondialisation qui ne fait plus de notre planète un monde, mais un astre errant, l’Europe moderne a perdu le goût du dépassement vers un autre que soi. » 

Ainsi on peut examiner un courant Européen par le reniement des grandes religions monothéistes, de son héritage et de son patrimoine. Par conséquent, l’Europe se fonde actuellement davantage sur l’influence occidentale et américaine et  ainsi, sur l’individu et l’individualisme.

Il ajoute même que « Le XXème siècle a vu l’homo europeanus ou occidentalis mettre en accusation sa culture en ruinant systématiquement les principes architectoniques sur lesquels elle était édifiée. Rien n’a échappé à ce travail de sape qui a détruit les assises de la religion, de la métaphysique, de l’art et de la morale. » « 

On ressortira de la lecture de ses propos que nous devons assumer notre identité au lieu de l’esquiver parce qu’elle nous permettra d’ouvrir de nouvelles perspectives culturelles et politiques pour l’Europe.(2)

En outre, les actuelles politiques d’austérité n’ont pas arrangé  la situation Européenne.

En effet, en diminuant les dépenses publiques, on diminue la production culturelle et ainsi, l’imagination. L’économie et le juridique sont des mots qui ont servi de fondement à la Construction Communautaire mais au détriment de la culture et de l’identité.

A titre d’exemples, les grands écrivains, peintres ou musicien européens ont tendance à diminuer ou du moins, ils ne sont plus les seuls dans le monde. Par conséquent, l’Europe fixe sa politique davantage dans la préservation du patrimoine plutôt que dans une ambition cultuelle.

Autre point sensible, la langue.

On assiste à une américanisation de l’Europe où l’anglais est la langue parlée couramment dans tous les pays d’Europe. Si vous êtes perdu à Lisbonne ou vous voulez commander une pizza en Grèce, alors parlez la langue anglaise et tout le monde vous comprendra. De là, il serait opportun d’apporter une réflexion même si certains États de l’Union européenne refusent l’usage exclusif de l’anglais tel que dans des documents scientifiques exprimé par le  protocole de Londres.(3)

Mais Jean Prieur, dans son ouvrage «  »L’illusion européenne – plaidoyer pour une Europe unie et forte «  constate que le plus important pour connaître une langue n’est non pas forcément de la parler ou de l’écrire mais de comprendre sa racine et savoir répéter ses sons et sa tonalité.

Ainsi, il fait remarquer qu’une langue possède une histoire, un héritage et qu’il ne faut pas la bafouer. Ainsi, une harmonisation des langues peut-être possible tout en préservant l’héritage des anciennes.

Mais en parlant de coordination, il serait opportun d’approfondir et de réfléchir sur les les actions que l’Europe nous offre.

Les agissements de l’Union Européenne 

Si nous venons de dresser un panorama délicat de la culture européenne actuelle, il ne faut pas négliger qu’actuellement, les secteurs européens de la culture et de la création représentent jusqu’à 4,5 % du PIB de l’UE et emploient quelque 3,8 % de la main-d’œuvre européenne (8,5 millions de personnes).

Comme point de départ, nous pouvons observer le premier plan d’action culturelle de la Commission européenne en 1977 et la concrétisation de la directive « Télévision sans frontières » en 1989.

Mais, l’existence d’une réelle compétence de l’Union en matière de culture n’est reconnue qu’avec le Traité de Maastricht en 1992.

L’objectif d’une telle compétence en matière de culture est la préservation de la diversité culturelle de l’UE.(4) Mais sensiblement, la culture entre dans le champ des compétences complémentaires, c’est-à-dire quand les Etats-membres ne remplissent pas réellement leur propre rôle dans ce champ d’action spécifique.

De ce fait, on a vu émerger trois programmes communautaires couvrant les divers domaines culturels « Kaléidoscope, Ariane et Raphaël » remplacé en 2000 par le programme cadre Culture 2000 et prolongé par le programme Culture 2007-2013.

Ainsi en 2007, les projets ont vu l’aboutissement d’une résolution du conseil définissant un agenda culturel européen à l’heure de la mondialisation.

D’autre part, nous pouvons observer la création de la capitale européenne de la culture. Pour 2014, nous pourrons observer  Marseille en France et Kosice en Slovaquie qui vont  se partager le label de « Capitale européenne de la culture ». Le but de cette manifestation est, selon la Commission européenne de : « mettre en valeur la diversité de la richesse culturelle en Europe et les liens qui nous unissent en tant qu’Européens ».

Mais la politique Européenne se traduit aussi par divers projets menés sur le terrain tels qu’Europeana, qu’est un projet de bibliothèque numérique. De même, notons l’organisation de dizaines d’expositions, festivals et autres happenings, tout en bénéficiant d’une couverture médiatique non-négligeable grâce à la labellisation européenne.(5)

Toutefois, la Commission européenne constate, cependant qu’il est parfois difficile de concilier les objectifs propres à la politique culturelle avec d’autres politiques, notamment en matière de fiscalité, de concurrence ou de politique des prix.

Ainsi, l’Europe reste bloqué  dans ses moyens d’action. Dès lors, il est intéressant de s’interroger sur les futurs enjeux liés à cette culture européenne.

La culture européenne à l’heure de l’espérance 

A partir de 2014, les programmes MEDIA, Culture et MEDIA Mundus feront désormais faire partie du programme « Europe créative« . Ce dispositif ambitieux a comme objectif d’améliorer le potentiel de création d’emplois et la contribution à la croissance du cinéma européen et des secteurs de la culture et de la création.

Le programme « Europe créative » devrait être doté d’un budget global d’environ 1,3 milliard d’euros pour la période 2014-2020. Le nouveau programme est subordonné à son approbation définitive par le Parlement européen et le Conseil à l’automne 2013.(6)

Cependant, cela ne suffit pas pour renouer l’Europe à son héritage. Le philosophe « Heidegger » explique un éloignement de l’être et une difficulté de se rallier à l’acquis culturel de l’Europe. Il faut alors réétudier concrètement les pouvoirs de chacun et surtout, agir pour une Europe forte qui pourra imposer une information, une formation civique afin d’amener le citoyen européen à renouer avec son passé.

Dans les programmes scolaires, dans les universités et dans les médias, il faudrait davantage diffuser l’histoire, la géographie européenne en complétant la nationale. Quel citoyen aujourd’hui connaît l’histoire de la Suède ou de la Hongrie ?(7)

De même, une fusion des universités entre pays, une revalorisation des écoles d’arts et l’intensification des programmes d’échanges permettront de modifier ce sentiment.

Cependant, l’action essentielle réside dans  l’opinion publique, car la culture européenne ne reverra pas le jour sans l’adhésion de ses citoyens.

1. Essai sur l’épuisement de la culture européenne Flammarion, 2007
2 http://www.notre-europe.eu/media/fichelecturemjouen-mattei_01.pdf?pdf=ok
3 http://fr.wikipedia.org/wiki/Protocole_de_Londres_(brevet)
4. http://www.touteleurope.eu/les-politiques-europeennes/culture.html
5 http://europa.eu/legislation_summaries/culture/l29006_fr.htm
6  http://www.touteleurope.eu/les-politiques-europeennes/culture/synthese/la-politique-europeenne-de-la-culture.html

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