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Pourquoi l’Union européenne n’a pas un bon taux d’inflation ?

L’hyper inflation, un risque réel ?

D’après le dictionnaire économique, plusieurs courants de pensée ont leur définition de l’inflation. Mais celle qui semble la moins marquée idéologiquement assimile l’inflation à une hausse des prix généralisée, cumulative et durablement auto-entretenue.

Cela veut dire que toute hausse des prix n’est pas inflationniste. L’inflation augmente le coût de la vie et érode le pouvoir d’achat, mais si les prix de certains produits augmentent parallèlement à une amélioration de la qualité, tout en laissant le choix au consommateur, cela ne pourra affecter ni l’un, ni l’autre.

Quant à l’hyper inflation, elle est définie comme l’expression pour désigner une inflation à deux chiffres, donc une inflation égale ou supérieure à 10%.

Elle entraîne en général une forte récession économique. Phillip Cagan la définit en 1956 comme une période durant laquelle le niveau d’inflation se maintient au-dessus de 50 % par mois. Par définition, l’hyperinflation est une inflation dont les taux sont imprévisibles, incontrôlables et exponentiels et qui dépassent 50 % par mois, soit un seuil annuel de plus de 12500 %.

Ainsi, et dans l’optique de notre article, on se demande si une inflation démesurée est-elle un risque réaliste dans notre économie européenne et dans la crise à laquelle nous sommes confrontées actuellement ? Ou bien, peut-elle constituer un levier pour retrouver une croissance désenchantée ?

D’une bonne inflation à une inflation néfaste ?

Quand une banque émet excessivement de la monnaie, l’économie peut-être subjugué de liquidités et les agents économiques auront tendance à consommer davantage. En consommant davantage, les produits vont se raréfier. Ainsi, les prix vont subir une hausse généralisée afin de rééquilibrer la balance entre l’offre et la demande.

Mais l’inflation n’est pas un phénomène entièrement négatif. Les ménages peuvent consommer davantage en anticipant une futur hausse de prix. Par conséquent et de manière temporelle, l’inflation peut soutenir la demande et accroître le niveau de vie des débiteurs. Dans le cas européen de crise économique, il serait opportun au lieu d’établir des règles strictes de contrôle budgétaires, de laisser place à l’investissement et à la croissance. En quelque sorte, il s’agirait d’effectuer d’effectuer une sorte de new-deal européen.

Ceci permettrait de remettre des liquidités dans l’économie afin d’améliorer la consommation et de recréer de nouveaux emplois.

Toutefois, il faudra sur le long terme revenir à une stabilisation budgétaire, quand l’économie de notre Europe sera saine. Cette situation est perceptible aux  Etats-Unis avec une politique monétaire misant sur la croissance au cour terme afin d’obtenir une consolidation budgétaire sur le long terme. On passe alors d’un taux élevé d’inflation à sa réduction une fois que la croissance est installée.

En revanche, ce qui est un phénomène entièrement négatif est d’avoir une inflation incontrôlable. En effet, les prix constituant dans une économie de marché un instrument essentiel de transmission d’informations une inflation élevée réduit l’efficacité de l’économie de marché.

On a retrouvé cette situation en Allemagne après la première guerre mondiale. Face aux lourdes réparations et suite à l’occupation de la Ruhr, le déficit de l’Etat se creuse. Ainsi, pour faire face à ses dépenses, l’Etat augmente l’émission de monnaie laissant le champ libre à l’hyperinflation.

Pour mettre fin à ce fléau, l’Etat a du couper les dépenses budgétaires et a également bénéficier du plan Dawes, c’est-à-dire, des capitaux britanniques et américains qui ont permis de reconstituer les réserves allemandes.

En outre le cas Allemand, l’hyperinflation se retrouve dans des périodes de crises économiques et en particulier entre 1941 et 1949 et dans la période de la chute du communisme. Les années 1980 l’ont vu se développer également en Amérique Latine comme en Bolivie entre 1984 et 1985.

Dans un tel contexte, les entrepreneurs s’intéressent davantage à la gestion de la trésorier qu’aux décisions de productions et d’investissement. La planification économique sera alors à long terme plus difficile et pour les agents économiques les plus pauvres, il sera très difficile d’acquérir des actifs réels comme des maisons, des entreprises ou même des actions.

Par conséquent si une modeste inflation est souhaitable en période de crise, il ne faut surtout pas tomber dans l’excès en entraînant une hyperinflation qui la dévastera. Dès lors, il faut se demander quel taux d’inflation serait idéal afin de renouer avec la croissance ?

 Quel taux d’inflation devons nous percevoir ?

En Europe, l’inflation est maitrisée dans les pays d’Europe occidentale depuis un certain temps. En effet, la France et l’Allemagne connaissent des taux d’inflation annuels contenus sous le seuil des 3% depuis une vingtaine d’années.

Par conséquent, les agents économiques sont habituées à une inflation basse sous contrôle et exprime une désaffection dès qu’il s’agit de son augmentation.

Cette désaffection est en partie du à l’histoire allemande de 1923, qui reste gravé dans les mémoires. Dès lors, la conception de la banque centrale allemande fut modifiée et la Deutsche Bundesbank a misé sur l’objectif de la stabilité des prix. Par conséquent, la Banque Centrale Européenne que l’on connaît, instaurée en 1999 a suivi celle de la Deutsche Bundesbank et l’euro s’est posée en successeur du Deutsche Mark.

Ne soyons donc pas surpris d’observer que l’inquiétude de la BCE envers l’inflation provient de l’hyperinflation allemande des années vingts. Elle s’est donc contentée de se fixer un seul et unique objectif, la stabilité des prix avec un taux d’inflation de 2%.

Mais précédemment, nous avons démontré qu’une hausse de l’inflation pouvait engendrait sur le court terme une augmentation de la demande et ainsi de la croissance.

Par conséquent, qu’elles pourraient être les conséquences si la BCE accorde aux gouvernements en difficultés tels que la Grèce ou le Portugal des facilité de financement monétaire de leur déficit budgétaire ? Ce financement pourrait avoir lieu sous la forme d’achat de dette publique sur le marché seconde sans opération de stérilisation.

 L’hyperinflation serait valable si ces pays n’étaient pas dans la zone euro car ils auraient du trouver un financement par leur banque centrale nationale. Mais l’appartenance de ces pays à la zone euro a permis d’éviter cette possible trajectoire..

En allant plus loin, les déficits publics cumulés des pays du groupe des “PIGS”, c’est-à-dire, le Portugal, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne représentent en 2009 l’équivalent de 2,14% du PIB de la zone euro. En d’autres termes, même si la BCE décidait e venir en aide à ces gouvernements, une menace d’hyperinflation ne serait pas à l’ordre du jour.

On voit donc bien que des possibilités sont réelles et que maintenir le taux d’inflation à 2% est purement factice en ce sens, que rien n’oblige la BCE a maintenir ce taux. Elle peut très bien par une décision de son conseil de gouverneur modifier le taux d’inflation fixé et se libérer de la barre des 2% qu’elle impose. De même, l’article 127 du TFUE permet à la BCE de soutenir d’autres politiques dans le respect de l’objectif de stabilité des prix.

En revanche, si la BCE a la capacité de le faire, il est moins probable que les Etats souhaitent réellement s’aligner sur de nouvelles politiques. En termes économiques, une poussée de l’inflation ne serait pas néfaste, mais en terme politique, la majorité des chefs des Etats-membres influencée par Angela Merkel se refuse à cette idée.

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